Dire la faune

dans les serres de
l’aigle
une truite
danse dans le ciel
Gilles Ruel
de ses ailes
l’aigle puissant
frôle l’infini
Blanca Baquero
à la queue leu leu
bercés par la vague
cane et canetons
Francine Petit
dans ma main,
un cadeau de la mésange
en échange d’une graine
Denise Ruest
au-dessus de ma tête
une mouette s’amuse
à laisser sa trace
Carmen Leblanc
un rorqual et
le long du quai,
une foule de curieux
Gilles Ruel
empilés dans la cale
les poissons agonisent
personne ne pleure
Jean Lévesque
au bord de l’étang
les insectes patinent
sur mon visage
Claire Du Sablon
au parc Nature
sur les ornithologues
un regard d’oiseau
Carmen Leblanc
au gré du vent
l’épinette et le bruant
se bercent
Lisette Turmel
accroché à l’essuie-glace
un bourdon
fait du cent à l’heure
Gilles Ruel
côte à côte
l’enfant et le chat
ronronnent
Mario Dubé
matin de brume
sur la table de pique-nique
le chat immobile
Francine Petit
appliquer les freins
sans réveiller les enfants
odeur de mouffette
Claude Rodrigue
un porc-épic éventré
au bord de la route
trois corneilles dînent
Claire Du Sablon
prise au piège,
ma souris blanche
et mes regrets tardifs
Gilles Ruel
mon chien Figaro
chaleur sur mes cuisses
et quelques poils
Mario Dudé
sur un arbre
un pic-bois becquette
les initiales
Blanca Baquero
coup de vent
sur un tandem de libellules
coït interrompu
Denise Ruest
un ours
sème la terreur
dans les médias
Benoît Moreault
une perdrix
huit perdreaux
et un chasseur d’images
Gilles Ruel
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